Un petit peu d´histoire

Wiesbaden, Allemagne, l'une des plus anciennes villes thermales d'Europe, est très ancrée dans l'histoire : c'est ici qu'Elvis, 24 ans, rencontre Priscilla, 14 ans, l'année même où est née la star du tennis John McEnroe... à Wiesbaden, évidemment. La ville abrite aussi le plus ancien grand hôtel d'Europe, le Radisson Blu Schwarzer Bock Hotel, qui était à l'origine un établissement thermal édifié en 1486.
Son premier propriétaire est le maire de Wiesbaden, Philipp zu Bock : ses épais cheveux noirs (schwarz en allemand) et son nom de famille, qui signifie chèvre, ont donné son nom à l'établissement, Schwarzer Bock, la Chèvre noire. Le Bock devient de plus en plus fréquenté et renommé, jusqu'en 1637, date où l'on rapporte qu'il est « quasiment désert » et sans résidents », rien d'étonnant vu que la population de la ville avait été réduite à 51 personnes au cours de la Guerre de Trente ans. Cette année voit également la seconde reconstruction du Bock ; la première avait eu lieu en 1578 après un incendie.
En 1717, un bassin pour les chevaux est construit, très impressionnant pour l'époque, et 19 ans plus tard, le Bok reçoit le titre de « Maison de bain de premier ordre ». Cet honneur lui vaut un nouvel essor de fréquentation, et il est alors stipulé dans plusieurs contrats de mariage de Francfort que l'épouse a le droit d'aller aux eaux de Wiesbaden sans son mari. (Quoique une seule fois par an, seulement.)
Une prospérité constante
Arrivons à l'année 1818 pour voir Goethe proclamer depuis les eaux : « Le premier devoir d’un thermaliste n’est pas de s’assoir et se reposer, mais plutôt de faire tendre son esprit vers un idéal et de rendre sa vie plus belle. » Puis, en 1865, Dostoïevski écrit son roman « Le Joueur » durant son séjour ici.
Au début du siècle dernier, une chambre coûte 5 marks (environ 3,50 dollars US) et l'hôtel est équipé d'un éclairage électrique, d'ascenseurs et de 220 lits. Vingt ans plus tard, le prix est toujours de 5 marks, même si chaque chambre dispose à présent de l'eau courante.
Après avoir été presque complètement détruit une fois encore pendant la Seconde Guerre mondiale, l'hôtel retrouve son prestige, et en 1987, il devient le premier hôtel allemand à figurer parmi les « Distinguished Hotels of the World ».
Aujourd'hui
Aujourd'hui, la grandeur historique de l'hôtel reste bien visible. Grâce aux nombreuses restaurations réalisées au cours des siècles, l'intérieur est insolite, délicieusement hétéroclite, avec par exemple la fabuleuse chambre Ingelheim aux panneaux de bois et aux moulures datant du XVIe siècle. L'hôtel possède tout naturellement un spa dont la piscine est remplie d'eau de source naturelle, et dans lequel les clients locaux et étrangers peuvent profiter des bienfaits de l'eau ainsi que des nombreux soins proposés.
Si vous souhaitez faire un petit voyage dans le temps, prenez un verre au Bistro 1486 et laissez vagabonder votre esprit. C'est fou tout ce qu'on peut imaginer parfois…

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